Burundi : 5 000 enseignants bientôt recrutés, le déficit dépasse 14 000 postes
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 23 août 2026 — Le gouvernement burundais prévoit le recrutement de 5 000 nouveaux enseignants pour renforcer les effectifs dans les écoles primaires et secondaires à travers le pays. La décision, annoncée à l’issue d’un récent Conseil des ministres, vise à répondre au déficit de personnel qualifié dans le secteur de l’éducation.
Le recrutement concernera les établissements scolaires de tout le pays et sera organisé au niveau des départements communaux de l’éducation (DCE). Selon les termes de référence rendus publics par le ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique, la répartition des postes tiendra compte des priorités identifiées par les directions provinciales de l’enseignement et les différents DCE.
Le ministère prévoit notamment le recrutement de 995 enseignants titulaires d’un diplôme D6, 2 538 de niveau D7, 22 de niveau A2 et 1 445 enseignants de niveau universitaire.
Un concours pour garantir l’égalité des chances
Pour assurer la transparence du processus, le ministère prévoit l’organisation d’un concours de recrutement. Des commissions chargées de superviser cette opération ont été mises en place depuis le 14 août 2026. Elles sont notamment composées de représentants des autorités administratives et éducatives ainsi que de représentants des organisations syndicales.
Les candidats ayant participé au test de recrutement organisé l’année dernière et qui n’avaient pas été retenus ne seront toutefois pas obligés de repasser le concours.
Des commissions du ministère se sont rendues, du 20 au 23 août, dans les différents DCE afin de vérifier la situation des candidats figurant sur les listes d’attente.
En juillet, le ministère avait demandé aux responsables des DCE de rendre publiques ces listes par voie d’affichage. Plusieurs directions communales ont déjà procédé à leur publication.
Les candidats inscrits sur ces listes d’attente demandent au ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique de suivre de près les opérations afin d’éviter d’éventuelles irrégularités et de garantir que les personnes réellement inscrites soient prises en compte.
Dans certaines communes, le remplacement des enseignants partis à la retraite n’aurait pas respecté les listes d’attente, selon des candidats concernés.
Ces derniers souhaitent également que le processus repose sur le mérite et l’égalité des chances, alors que le chômage continue de toucher de nombreux diplômés.

Des élèves se tiennent debout dans une salle de classe en province de Buhumuza, dans l’est du Burundi. Le gouvernement a annoncé le recrutement prochain de 5 000 nouveaux enseignants pour renforcer les effectifs dans les écoles primaires et secondaires à travers le pays. © SOS Médias Burundi
Un besoin de plus de 14 000 enseignants
Selon les autorités, les besoins du système éducatif burundais dépasseraient 14 000 enseignants. Le gouvernement a cependant prévu de limiter le recrutement à 5 000 cette année, principalement en raison des contraintes budgétaires.
Le secrétaire général et porte-parole du gouvernement, Jérôme Niyonzima, a expliqué que le nombre de postes retenus dépendait des moyens financiers disponibles. Plus de 17 milliards de francs burundais seraient mobilisés pour permettre le recrutement et assurer le paiement des salaires des nouveaux enseignants.
Cette opération avait déjà été annoncée dans le cadre des réformes envisagées par le ministère pour améliorer le secteur de l’éducation.
La fuite des enseignants qualifiés inquiète
Ce recrutement intervient également dans un contexte marqué par le départ de nombreux enseignants qualifiés.
Ces dernières années, plusieurs enseignants, jeunes comme adultes, ont quitté le pays pour rechercher de meilleures conditions de vie et de travail, notamment dans les pays voisins, en Europe et dans certains pays arabes.
Les mauvaises conditions de vie et de travail sont régulièrement citées parmi les principales raisons de ces départs. La pénurie de produits de première nécessité, les difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité, les problèmes d’approvisionnement en carburant ainsi que la hausse du coût de la vie et des loyers pèsent également sur les ménages.
Des enseignants affirment ne plus parvenir à faire face à ces difficultés et préfèrent abandonner le métier. Cette situation a des conséquences directes sur les élèves et les écoliers, confrontés notamment à un manque d’enseignants dans certaines écoles.
Les diplômés saluent la mesure
Des diplômés universitaires confrontés au chômage accueillent favorablement l’annonce de ce recrutement. Ils estiment que cette initiative constitue une opportunité pour les jeunes diplômés et pourrait contribuer à réduire le déficit d’enseignants dans les établissements scolaires.
Ils appellent toutefois le ministère à assurer un suivi rigoureux du processus afin d’éviter le clientélisme et les éventuelles pratiques de favoritisme.
Pour eux, la réussite de cette opération dépendra surtout de la transparence du concours et du respect du principe du mérite, afin que les candidats les plus qualifiés et les mieux classés soient effectivement ceux qui bénéficieront des 5 000 postes.
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Photo : Une enseignante dans une salle de classe bondée à Cibitoke, au nord-ouest du Burundi, illustrant les défis persistants du système éducatif national, confronté à des effectifs pléthoriques et à des conditions d’apprentissage difficiles. © SOS Médias Burundi
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